Théo Ceccaldi
FREAKS

Théo Ceccaldi : violon, claviers, voix, compositions
Benjamin Dousteyssier : saxophone alto & baryton
Quentin Biardeau : saxophone ténor, claviers
Giani Caserotto : guitare électrique
Valentin Ceccaldi : violoncelle, horizoncelle
Etienne Ziemniak : batterie

Mais qui est donc cette « Amanda Dakota » ?

Bien plus qu’une créature, le mirage d’une liberté furieuse et créatrice, imaginé par une horde de bêtes sauvages qui nous embarque dans un road movie à la Kerouac, un Easy Rider percutant des temps modernes, oscillant entre fuite romantique et contestation utopique sur fond de jazz punk épique.

Promis à une musique des extrêmes, juvénile, communicative, émancipée de toutes contraintes stylistiques et figure symbolique du ras-le-bol générationnel d’être rangé dans des cases, Freaks, le tout nouveau projet de Théo Ceccaldi, est un personnage hybride à 6 têtes et à l’énergie apocalyptique dans ses explosions comme dans ses plus intimes nuances.

Il y a du Zappa dans ce Freaks pour le goût du décloisonnement des styles et l’effacement des genres et du John Zorn pour le stakhanovisme hors-normes entre Stravinsky et trash-métal. Il y a l’influence underground du groupe avant-gardiste suédois Meshuggah pour la fusion des tempos rapides metal progressif avec des éléments de jazz fusion. Il y a de l’atypique et du contestataire à la Charles Mingus, Patti Smith et autre Carla Bley. Il y a des clins d’oeil à l’anticonformisme et à la fraîcheur d’un Henry Threadgill, et la pureté jaillissante, spirituelle et moderne d’un Arvo Pärt, dont la musique s’affirmait comme la réponse la plus pertinente à une époque de « précipitation  » et de « superficialité », (les « semelles de vent » d’une Brigitte Fontaine ne sont pas loin). Il faut évoquer Dali revisité en Mad Max pour le goût des mondes décalés et fascinants, le grandiose et les outrances ; et enfin convoquer Dada pour les contextes chaotiques, ravagés, et joués à la manière des enfants qui se moquent des convenances avec humour, créativité, dérision et extravagance comme si David Lynch revisitait Tex Avery.

Un Jazz Punk psychédélique, radioactif et contrasté où l’énergie fiévreuse et la douce quiétude acidulée et virtuose nous foudroient d’explosions lyriques, de transes hypnotiques et de ritournelles stellaires sur le fil. Dans le bruit et la fureur, entre rêverie et cauchemar, une bande son chromée en quête hallucinée façon « Las Vegas Parano » pour que les illusions ne soient pas pulvérisées. Loin d’être un manifeste « foutoir » juste provocateur, Amanda Dakota nous embarque avec authenticité dans son « Big Country Blues » et une apologie de la contre-culture, pour que cette fois-ci les héros remportent la partie.